Gustave Thoreau observait que l’on ne s’intéresse à la géologie qu’après le tremblement de terre… On pourrait dire la même chose de la forêt. On en parle lorsqu’elle brûle.
Et elle brûle dans le Midi et chez nos autres voisins méditerranéens !
A plusieurs reprises cet été nous sommes montés dans notre observatoire, alertés par une odeur de brulé. Nous avons vu les nuages bruns et la ronde des Canadairs. Dans la région méditerranéenne française ce sont 25 000 hectares en moyenne qui ont brûlé chaque année.
Un rapport récent du WWF prédit que l’effet de serre accélère le cycle infernal sécheresse–incendie. Les forêts perdues exposent le sol à l’évaporation et à l’érosion et amplifient le risque d’incendie tant qu’il reste de la forêt. Mais en même temps le tourisme et l’agriculture périclitent.
Nous n’en sommes pas là mais il est urgent de préserver l’économie méditerranéenne en protégeant la forêt et en ralentissant l’effet de serre.
Cet effet de serre est provoqué par notre combustion immodérée de carbone pour assurer nos besoins d’énergie. Or la forêt respire et fixe le carbone sous forme de bois et d’humus tant qu’elle est en croissance. On peut donc ralentir l’effet de serre en stimulant la croissance de la forêt. Un arbre parfait élimine pratiquement l’effet d’une tonne de carburant. Mais il met 50 à 80 ans alors qu’une tonne de carburant est si vite consumée par notre appétit de mouvement, de lumière et de chaleur.
Il est donc également urgent d’utiliser notre énergie plus efficacement et d’abandonner le carbone fossile pour d’autres sources comme la biomasse, le vent et le soleil.
Mais il ne faut pas, surtout en Provence, négliger l’effet climatique et économique d’une forêt en croissance avec des espèces à caractère paysager et mellifère, qui favorisent la biodiversité et qui produisent des bois de valeur.
C’est dans ce but que nous continuons à transformer les friches agricoles de notre domaine en plantations de sorbiers, d’aulnes, d’érables et d’autres espèces. Les oiseaux les repèreront vite pour leurs baies d’automne après que nous-mêmes et les abeilles auront profité de leur floraison. Les enfants, ou les petits enfants, vendront un jour le bois aux ébénistes et aux charpentiers...
C’est dans cet esprit aussi que je développe l’Initiative Climat Forêt avec le support compétent des forestiers du CRPF et l’équipe de Forestour.
Là, nous voyons grand et vous allez en entendre parler bien fort !
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