Le jeu de l’innovation et de la compétitivité se joue en deux actes. Le premier est l’invention d’une solution d’un problème ou d’un besoin. Le second est la mise en œuvre de cette solution d’une façon originale, difficile à imiter. C’est le second acte qui juge de la valeur de cette innovation et qui crée le retour sur investissement.
J’ai été invité cette semaine à ouvrir les débats sur l’innovation et le développement durable du Forum des entreprises et du développement durable organisé par le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable en prolongement de ses états généraux du mois de juin. J’étais heureux de le faire car au fond je n’ai jamais été un bon prophète dans mon pays. Je me suis donc appliqué à proposer mon approche « utilitaire » de l’éco-innovation. Il y avait là également quelques entrepreneurs qui ont souligné eux aussi l’importance du marché et leur préférence pour des mécanismes de soutien à la prise de marché plutôt que des instruments de soutien à la recherche et au développement.
Si importante soit elle, une subvention au développement sera vaine si le marché boude l’innovation et ne permet pas un retour rapide sur investissement. Il faut bien constater que la majorité des instruments d’incitation de l’innovation mis en place par les pouvoirs publics sont des instruments de développement de l’offre. Les nouveaux pôles de compétitivité ne font pas exception. L’invention et le développement semblent constituer la phase héroïque et intelligente de l’innovation dans l’imaginaire des pouvoirs publics et des nombreux universitaires qui viennent au secours de ces pôles en formation. Le marché, sa demande, le profit et le retour sur investissement sont des réalités qui peut-être les embarrassent. Ou leur semblent-elles se réaliser spontanément grâce au pouvoir d’un brevet ?
Ne rêvez pas.